Lundi 18 octobre 2010 1 18 /10 /Oct /2010 09:20
bessonart.jpgLe Biltzar des communes du Pays Basque réuni à SARE le 16 Octobre
 
- Se fait l’écho des inquiétudes que soulève la réforme des collectivités territoriales et en particulier la suppression dans les textes des pays même si des promesses continuent à être apportées sur le devenir du pays Pays Basque

 


- Se félicite des résultats de la consultation organisée par BATERA les 14 et 21 Mars 2010 dans la plupart des communes qui ont démontré l’attachement des électrices et électeurs à l’existence institutionnelle du Pays Basque.

 


- Soutient les contacts et démarches entreprises par le conseil d’administration pour apporter un éclairage sur les différents scénarii possibles permettant d’atteindre cet objectif. Entre autres, il appuie la participation au groupe de travail Conseil des élus-Conseil de développement qui doit se réunir le 19 Octobre.

- Affirme la nécessité de la création d’une collectivité territoriale Pays Basque disposant de compétences et d’un budget propres
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Lundi 18 octobre 2010 1 18 /10 /Oct /2010 08:57

L'association des communes basques, réunie en assemblée samedi à Sare, a voté deux motions : sur le soutien à l'enseignement en ikastola et sur la réforme territoriale.

 

biltzar-16-octobre.jpgLa première motion votée samedi incite les communes à mieux respecter les règles de financement des ikastolas pour mieux soutenir l'enseignement du basque. PHOTO R. G.

 

Le Biltzar des communes du Pays basque n'a pas en soi de pouvoir décisionnel. Il n'empêche, cette association d'échange, de débat et de réflexion, qui regroupe 159 communes de Basse-Navarre, Soule et Labour, entend néanmoins peser. Les élus des communes, réunis samedi en assemblée générale à Sare, l'ont réaffirmé. Ils ont voté deux motions, fruits de leurs inquiétudes, ou du moins de leurs interrogations communes.

La première motion, présentée par la présidente du Biltzar, Christine Bessonart, fait suite au courrier envoyé par le préfet, Philippe Rey. Il y rappelait les restrictions propres au financement des établissements scolaires privés sous contrat d'association, et dont, ceux, nombreux, qui enseignent le basque.

La seconde, concerne la menace que fait peser sur les « pays » - ces entités géographiques, fiscales et dotées de compétences - la réforme des collectivités territoriales. Le « pays » Pays basque est évidemment directement concerné.

 

Défense de l'euskara

 

Sur les 39 communes présentes, quatre ont voté contre la première motion, six se sont abstenues au terme du débat. Pour mémoire, dans sa circulaire, le préfet souligne que sauf exception, les collectivités territoriales ne peuvent apporter aucune aide financière aux investissements des établissements privés. Soit. Ce qui n'empêche pas les membres du Biltzar de marquer leur soutien à l'enseignement en ikastola. Ils appellent, en retour les communes à respecter leurs obligations légales en matière de financement du fonctionnement des établissements.

Pour être dans les clous, souligne la motion, chacune doit verser aux écoles privées une somme équivalent par élève, à ce que lui coûte un enfant dans le public. La motion va au-delà pour « assurer l'équité […] et la défense de la composante la plus importante de la culture basque : l'euskara. » Le Biltzar enjoint aussi les communes à a verser une subvention pour la scolarisation en école privée « dans une commune voisine si la commune de résidence n'en possède pas ».

« Si on finance le départ vers le privé en ikastola, on va vider nos écoles publiques », s'inquiètent plusieurs élus.

« On ne peut pas rajouter des contraintes à des parents pour les empêcher de choisir l'établissement qui correspond à leur projet », rétorquent d'autres.

 

Après le pays Pays basque

 

La réforme territoriale prévoit la suppression des entités baptisée « pays », dont le pays Pays basque ? En réponse, les élus du Biltzar ont voté par ailleurs, à la presque unanimité (une abstention) « la nécessité de la création d'une collectivité territoriale Pays basque disposant de compétences et d'un budget propre ». La motion soutient en outre, les démarches entreprises par le conseil d'administration pour étudier « les différents scénarii permettant d'atteindre cet objectif. »

 

Raphaëlle gourin

 

 
 
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Jeudi 14 octobre 2010 4 14 /10 /Oct /2010 23:10

 

"Je serais pour la création d'une collectivité territoriale `Pays Basque'"

 

ENTRETIEN/ Christine Bessonart / Maire de Saint-Pée-sur-Nivelle et Présidente du Biltzar des Communes

 

Elue le 26 septembre 2009 à la présidence du Biltzar des communes, la maire de Saint-Pée-sur-Nivelle, Christine Bessonart, fait le point sur sa première année à la tête de l'association, en pleine préparation de l'assemblée générale qui se tiendra demain.

 

christine-bessonart.jpg

 

 

Quel bilan dressez-vous de votre première année à la tête du Biltzar des communes ?

 

Tout d'abord, j'ai débuté cette année en essayant de voir quels sujets les maires voulaient traiter, et faire le tour de ce qui les concernait. Puis nous avons entamé les réunions, décentralisées dans des communes différentes, à raison d'une tous les mois et demi environ. De nombreux sujets ont été évoqués, tel que la consultation organisée par Batera à qui nous avons apporté notre soutien officiel, ou la création d'une seconde ligne LGV contre laquelle nous nous sommes élevés, mais aussi des questions plus techniques, comme le remplacement des agences postales communales, la petite hôtellerie ou le financement des écoles privées. Mais s'il n'y avait qu'une chose à retenir, ce serait sûrement la question de la reconnaissance institutionnelle du Pays Basque, avec la création d'un petit groupe de travail sur le thème «Quelle(s) institution(s) pour les élus du Pays Basque ?».

 

Pouvez-vous nous rappeler quel est le rôle du Biltzar des communes, surtout maintenant qu'il y a le Conseil des élus et le Conseil de développement ?

 

Je fais partie des deux. Concernant les conseils, on voit bien que l'Etat a récemment mis en place ces instances car il sentait l'insistance de la demande. Il s'ingénie surtout à ne pas répondre aux attentes en donnant simplement quelque chose pour calmer les esprits. Le Biltzar pour sa part est une association très traditionnelle qui compte 159 communes. Elle n'a pas vraiment de pouvoir de décision, mais c'est un véritable lieu d'échange et de réflexion, en dehors du cadre administratif. La Soule, que l'on cherche à dépecer en la rattachant au Béarn, y est particulièrement attachée. Certes, c'est informel, mais on garde une certaine autorité morale. Nous votons des motions au sein du Conseil d'administration qui réuni 22 représentants de communes. Ces motions ne sont pas contraignantes, mais elles peuvent servir de guide, faire pression.

 

La création d'un groupe de travail sur la question d'une institution pour le Pays Basque fait écho à la réforme territoriale... A quoi peut-on s'attendre au Pays Basque ? Y a-t-il plusieurs options ?

 

Oui, j'en vois trois. La première serait la mise en place d'un syndicat mixte, notamment prôné par Daniel Poulou. Pour ma part, j'ai peur que ce soit un outil inefficace. Il faudrait se mettre d'accord sur les compétences à apporter et nous ne savons pas comment seraient désignés les membres. La seconde possibilité serait de conserver le Pays en tant que tel, avec le Conseil des élus et de développement. Mais en sachant que le cadre juridique n'existera plus, on peut se demander quel poids ça aura. Pour moi, ces outils sont voués à disparaître. Enfin, troisième possibilité, arriver à une collectivité territoriale.

 

C'est ce vers quoi vous penchez personnellement ?

 

Oui. Personnellement je serais pour une collectivité territoriale qui ne serait pas forcément le département actuel, mais une entité différente, avec des compétences particulières. Ce pourrait être un mix entre celles du département et de la région, notamment au niveau économique. On voit qu'au Sud, la réactivité est beaucoup plus importante avec un centre décisionnel plus proche. Les résultats de la plateforme de Batera en ce sens sont encourageants. Mais ce propos, s'il est partagé par le Conseil d'administration dans sa majorité, doit encore être débattu et affiné au sein même du Biltzar. La réflexion se fera aussi avec le Conseil des élus et de développement. Il est essentiel d'arriver à avoir une vision commune concernant ce que devrait être le Pays Basque.

 

Est-ce-que la question de la LGV, en sus de la réforme des collectivités territoriales, pèse sur la réflexion des élus ?

 

Bien sûr. On sent bien que les décisions qui concernent notre Pays Basque nous échappent. Si nous avions des instances représentatives nous pourrions parler d'égal à égal avec RFF. Mais à l'heure actuelle, notre opinion, sous couvert de démocratie et de transparence, n'est en réalité absolument pas prise en compte. Pour cela, il faudrait que nous ayons plus de poids. Et puis les maires craignent la réforme des collectivités territoriales. On s'interroge sur notre devenir.

 

Concernant l'euskara, le Biltzar semblait inciter les communes à soutenir le fonctionnement des ikastola. Qu'en est-il aujourd'hui, après l'envoi par le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Philippe Rey, d'une circulaire dans laquelle il tient à souligner qu'«aucune aide ne peut être apportée aux établissements d'enseignement privés par les collectivités territoriales (...) hors les exceptions prévues par la loi» ?

 

Nous ne jouons pas tout à fait sur le même terrain. Le propos du préfet concerne les aides à l'investissement. Ce qui diffère de notre réflexion qui, elle, porte sur l'aide au fonctionnement. Pour les écoles privées sous contrat d'association, la loi prévoit en effet que les communes participent à leur fonctionnement. La règle veut simplement que le coût par enfant d'un élève en école privée sous contrat d'association ne dépasse pas celui d'une école publique. Ce qui n'arrive jamais. Notre propos est plutôt d'inciter les communes à renforcer leurs aides au fonctionnement, pour que le coût d'un élève dans ces écoles privées tende davantage vers celui des écoles publiques. Plus récemment, nous nous sommes penchés sur le cas des communes qui n'ont pas d'écoles privées sous contrat d'association sur leur territoire. Nous proposerons à l'assemblée générale samedi, de voter une motion (un engagement moral) incitant ces communes à donner une subvention aux établissements des communes voisines recevant leurs enfants. On peut penser par exemple au cas des enfants de Biriatou obligés d'aller à l'ikastola d'Hendaye. Cette motion inclurait les ikastola et les écoles confessionnelles, qui proposent d'ailleurs souvent des filières bilingues.

 

Qu'y aura t-il d'autre à cette assemblée générale du Biltzar samedi ?

 

On présentera le rapport d'activité et financier de l'année passée. Michel Hiriart quant à lui, proposera une réflexion sur l'assainissement non collectif. Ensuite, la parole sera donnée à tous les maires. On peut cependant regretter que ni le préfet, ni le sous-préfet n'aient souhaité être présents, alors que l'essentiel des questions posées par les maires sont à leur attention...

 

Cyrielle BALERDI

 

 
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