Réponse de François Bayrou

Publié le par BATERA

La création d’un département “Pays Basque” est une demande institutionnelle qui exprime en réalité une demande de reconnaissance. Cependant je pense que nous devons faire évoluer les structures actuelles. La séparation entre région et département, avec des élus qui ne se parlent pas, qui ne se connaissent pas, qui ne se rencontrent pas et que, s’agissant des élus régionaux, personne ne connaît, cela ne ressemble plus du tout à ce que la France administrative devrait être. Je veux rapprocher et former un même ensemble en fusionnant les régions et les départements, une administration pilotée par les mêmes élus, à la fois des élus territoriaux et des élus d’opinion. Je suis un fervent défenseur de cette organisation avec des élus qui représentent à la fois les territoires et les opinions. Les deux institutions seraient gérées par les mêmes élus. Ces deux ensembles sont appelés à évoluer, à se rapprocher. Cela implique une plus grande souplesse. C’est un des aspects de la VIè République que je souhaite voir naître. Cela prendra du temps, mais cette séparation n’a plus de sens. Car l’économie, l’équipement, la culture concernent à la fois la région et le département. Alors il est vrai que si ces structures évoluent, le besoin de reconnaissance restera. J’y réfléchis très souvent et si pour l’instant je n’ai pas la réponse, je suis sensible à ce souci de reconnaissance. Car il y a deux sentiments qui s’expriment. Le premier est extrêmement fort au Pays basque qui dit : “nous avons besoin de reconnaissance, d’être reconnus en tant que tel”. Et il y a un deuxième sentiment, de tous ceux Basques et Béarnais qui disent “nous, nous voulons vivre ensemble. Nous voulons que cette rencontre entre Basques et Béarnais continue à porter des fruits, que l’on continue à travailler ensemble sans être séparés”. Ces deux sentiments sont légitimes. Vous me posez la question du référendum pour trancher cette question. Je regarde, j’observe. On croit que les affaires d’identité ce sont des affaires de court terme mais c’est faux. Le Royaume de Navarre a disparu, il y a très longtemps. Et puis cela a cheminé souterrainement, les attentes sont réapparues, il y a eu une résurgence. J’ai peu d’opinions sur les affaires de court terme. Les promoteurs du référendum vont-ils trouver les 46.000 signatures ? On verra. Mais je sais que de toute façon la demande de reconnaissance existe et existera.

 

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article