La création des conseillers territoriaux dérange

Publié le par BATERA

 
 lundi 27 juillet 2009

La réforme des collectivités locales fait débat parmi les élus.

La fonction de conseiller territorial englobera, dès 2014, les compétences départementale et régionale.

Photo Edouard Coulot

 

Le conseiller territorial sera-t-il l'une des stars de la rentrée ? Fin septembre, au Sénat puis à l'Assemblée nationale, sera examiné un texte portant sur les premiers pas de la réforme des collectivités locales. Initiée au printemps par le comité Balladur, la "simplification du millefeuille territorial", chère à Nicolas Sarkozy, est à l'épreuve de la concertation cet été pour pouvoir être présentée en conseil des ministres le 9 septembre.

Le ministre de l'Intérieur et des collectivités locales, Brice Hortefeux, devrait prendre son bâton de pèlerin dans les prochaines semaines pour consulter élus, partis politiques "afin de mûrir la consultation", explique un député UMP proche du dossier. L'idée de supprimer les pays et de refaire d'ici 2011 la carte de l'intercommunalité est à l'étude. Tout comme la création, prévue en 2014, de conseillers territoriaux englobant les actuelles compétences départementale et régionale.

Cette dernière piste suscite des remous, à gauche comme à droite. La réforme ayant comme conséquence la diminution de 40 à 50% du nombre d'élus -6000 actuellement. "Chacun veut garder son pré carré, concède Roland Chassain, conseiller général et maire UMP des Saintes-Maries-de-la-Mer. On peut aussi s'interroger sur la gestion de ces futurs territoires. Mais il faut réformer. Cela permettra de mieux identifier les élus, d'aller plus vite sur les dossiers quotidiens et de faire des économies."

Un argument que réfute Michel Vauzelle. Le président PS de la région Paca y voit des "préoccupations électorales. De plus, comment concilier le travail d'un élu de canton jouant sur la proximité du rond-point et d'un conseiller régional qui oeuvre sur la LGV ?"

Président PS du département des Alpes-de-Haute-Provence, Jean-Louis Bianco (PS) n'a pas attendu pour éditer brochures et pétitions sur internet. "Il est à craindre que l'échelon départemental soit supprimé. Or, le Conseil général joue un rôle essentiel pour assurer la solidarité entre les personnes et les territoires." Plus radical, le conseiller régional (PCF) Jean-Marc Coppola dénonce lui "une réduction de la démocratie et du principe républicain au profit d'un seul homme."

Jean-Luc Bennahmias (MoDem), voisin de banc à la Région, préfère nuancer. Il se dit "prêt à réfléchir à de nouveaux schémas, à condition que le mode de scrutin conserve de la proportionnelle afin d'avoir une vraie représentation." L'idée de la commission Balladur étant de proposer le suffrage majoritaire uninominal dans les cantons ruraux et le proportionnel par listes dans les grandes villes. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a repris cette idée annoncée la semaine dernière devant les dirigeants de la majorité en précisant qu'il était favorable que ces conseillers soient élus à un tour.

Le scrutin proportionnel fait grimacer à droite. "Je n'en suis pas partisan, prévient Jean-Michel Ferrand (UMP), député et conseiller général à Carpentras. Le conseiller territorial qui couvrirait environ 15 000 habitants est en revanche une excellente chose. Les disparités actuelles seraient réduites et les pieds resteraient ancrés sur terre. Tout cela est nécessaire, même s'il faut s'attendre à des résistances."

La Provence

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